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Compositions bestiales à base de Lubrizo


Composition bestiale à base de Lubrizo no.2, 2014 - acrylique sur toile - 180 x 180 cm


Composition bestiale à base de Lubrizo no.1, 2013 - acrylique sur toile - 180 x 180 cm



Les réorganisations de cabinets de curiosités naturelles à la Seba où on tisse serré du Lubrizo matériau-à l’état dense. 1,2bientôt3.

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Lubrizo Lillupitia

2013

- edition of 20

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Le matériau Lubrizo

J’utilise dans ma pratique un matériau singulier : le Lubrizo. A l’origine, j’ai appelé Lubrizo la sculpture d’ un grand personnage nonchalant, désabusé, assis et bleu. Il mesure 1m60 et dépasse donc la taille standard de l’être humain, qu’il n’est pas, lorsqu’on l’imagine debout. Il a été mis à contribution de manière répétée depuis sa création au printemps 2008 et reste la pièce maîtresse dans la naissance de ma conceptualisation de la figure du Lubrizo comme matériau.


Lubrizo 1, 2008 - grillage, bandes plâtrées, peinture - 160 cm

 

Cette conceptualisation a suivi ma prise de conscience progressive du fait que ce premier Lubrizo n’était qu’une matérialisation/concrétisation d’une sorte de personnages, apparentée à une nouvelle espèce animale, que je dessinais et peignais depuis déjà quelques années. Véritables produits d’une sorte de « tic de la représentation » dont je me sentais prisonnière, ces figures monochromes et malléables étaient la seule sorte de motif que je me sentais naturellement poussée à esquisser,  colorer, corporifier,  animer. J’ai été pendant un moment dérangée par cette idée que je ne pouvais m’éloigner trop de cette « sphère de représentation », de ce modèle du Lubrizo. Par la suite, j’ai considéré que cette figure du Lubrizo, prise comme telle, avait un potentiel formel et fonctionnel intéressant à exploiter à partir du moment où je décidais de la traiter comme matériau plutôt que comme production finie, sujet en soi. Ce passage de figure-individu/objet à matière première m’a permis de prévenir l’irruption-invasion d’une peinture évasive et simple fruit d’un manque « d’inspiration », ou d’une sculpture seulement figurative, en reprenant le contrôle de la formalisation - à comprendre dans un sens presque mathématique. En manipulant ce matériau pour élaborer la structure de la pièce, dans l’idée d’une construction dépassant la simple composition, on passe d’une peinture amusante et tout au plus intrigante - parfois inquiétante -, à une peinture-monde dont les éléments participent tous d’une certaine structure, d’un certain système. Ce système plus ou moins contrôlé est celui qui recrée une logique interne sous-tendant la composition. Cette dernière apparaît ainsi seulement à postériori, plus comme l’aspect visuel rendu par le résultat de la structure complétée que comme l’agencement d’un certain nombre d’éléments plus ou moins figuratifs en recherche approximative d’harmonie.

J’ai ainsi cherché à voir comment appliquer l’utilisation du matériau Lubrizo dans des peintures ayant d’autres sujets (que le Lubrizo lui-même). J’ai considéré ces recherches comme de simples essais, et non comme des productions abouties, et ai donc choisi un sujet à étudier, en vue notamment de préparer des projets ultérieurs (cf. maquettes de mosaïque p).

Les Etudes de pieuvres 1,2 et 3 s’inscrivent dans cette recherche et matérialisent la progression vers une maîtrise de la déformation/altération du matériau : partant d’un effort de compréhension du sujet pris (la pieuvre), les études successives visent à progressivement l’altérer par l’introduction du matériau Lubrizo dans ses formes.


Etude de pieuvres no. 2, 2013 - acrylique sur toile - 95 x 75 cm

 

Les deuxième et troisième  études de pieuvres sont deux tentatives de déconstruction du sujet-matière première afin de réellement “sentir” comment le Lubrizo peut venir s’y insérer pour l’altérer, la transformer et finalement fusionner avec elle en structure.

Le procédé de mise en couleur est également une procédure en partie aléatoire ou en tout cas inférée et est partie intégrante de la construction par “structure complétée”.

La troisième étude vise la maîtrise du détail du sujet, c’est une concentration de l’effort de structuration, un focus tentaculaire et un resserrement chromatique.


Etude de pieuvres no. 3, 2013 - acrylique sur toile - 50 x 120 cm

 

Cette composition est l’extension de l’étude à la “mise en univers”, celui du cabinet de curiosité à la Seba et réorganisé. Cette toile se constitue en exemple de tissage serré du matériau Lubrizo pris à un état parmi les plus denses.


Composition bestiale à base de Lubrizo n.1, 2013 - acrylique sur toile - 180 x 180 cm

 

Ce mode de construction par introduction-incorporation de matériau Lubrizo, qui s’applique également aux sphères de la sculpture, de l’installation, de la vidéo, ou de toute tentative résultant d’un croisement de plusieurs de ces sphères, en autorisant toutes sortes d’interprétations, d’expansions, d’utilisations et d’associations du matériau Lubrizo, favorise le déploiement d’une dimension symbolique et narrative plus construite et permet la création d’installations et d’ambiances plus complètes.

Pour ce projet de mosaïque sur terrasse (ci-dessous), on ajoute une fonction à la composition: celle de sol, de participant à un espace de passage et à une structure architecturale connexe. On lui ajoute aussi une nouvelle matière qui vient se confronter au Lubrizo-matériau : celui de la céramique qui détermine sa texture. Le contexte de la proximité avec la mer de cette terrasse facilite les associations symboliques et s’apparente donc à de la nouvelle matière (contextuelle cette fois) confrontée. Il s’agit donc déjà d’un mix du matériau avec d’autres, dont la réalisation finale de la mosaïque révélera l’aspect (le Lubrizo étant un matériau “nouveau”, on ne sait jamais à l’avance ce que donnera son mélange à d’autres plus ou moins traditionnels).


Maquette 1 (moitié gauche) pour une mosaïque futur sol de terrasse (17,9 x 2,80 m), 2013 - acrylique et feutre sur papier, échelle 1/7,5e

 


Maquette 2 (entière) pour une mosaïque futur sol de terrasse (17,9 x 2,80 m), 2013 - acrylique et feutre sur papier, échelle 1/10e

 

C’est le caractère malléable et monochrome du Lubrizo préalablement évoqué qui le constitue en matériau propre. Il est reconnaissable, déformable, décomposable et adaptable. Il peut à la fois se décliner en diverses variantes -voire versions- et s’associer à d’autres matériaux pour former des structures plus complexes.

Lorsqu’il se décline, ses déclinaisons, qui peuvent être par exemple un groupe ou une série de plusieurs de ces personnages différenciés par leurs couleurs, tailles, et/ou expressions, etc., peuvent interagir. Ces interaction possibles sont d’un nombre infini, peuvent se faire dans des univers[1] multiples et des espaces[2] divers, peuvent avoir des propriétés narratives qu’on peut choisir d’associer directement au résultat plastique ou bien de donner à l’observateur l’opportunité de découvrir pour tenter de déchiffrer cette narration. Il peut être laissé totalement libre dans cette entreprise ou celle-ci peut être guidée de manière plus ou moins coercitive, l’histoire associée pouvant être une, multiple ou infiniment multiple.

Lorsqu’il s’associe à d’autres matériaux, celui du Lubrizo peut être pris totalement ou en partie, ce qui renforce sa qualité flexible en tant qu’on peut user plus ou moins de sa propriété malléable, varier la proportion de matériau utilisé dans l’élaboration d’une pièce.

Certaines des productions “produites à base de Lubrizo” témoignent de cette recherche de variation dans la proportion de matériau mobilisée dans l’élaboration par exemple d’une sculpture particulière. Les exemples successifs d’association du matériau avec d’autres, traditionnels ou spécifiquement contemporains, reflètent également une évolution dans ma pratique au fur et à mesure que j’ai découvert de nouvelles propriétés du matériau. L’expérience de ces pièces, en particuliers celles actives parmi elles, incite également à une réponse plus corporelle qui peut par exemple se faire sous la forme de la dance (avec le DNC[3] INCUBATOR, dans ses différentes versions, mais aussi rien que par la mise face à un mur peint d’un agencement de figures de Lubrizos, de manière plus « simplement suggestive ») ou la prise de postures corporelles spécifiques pour expérimenter les pièces (comme dans Lubri-Kernels).

Découvrir constamment de nouvelles qualités et facultés de la matière Lubrizo et des manières de l’utiliser peut aussi permettre de détacher les éléments exogènes qui lui sont associés de leur réalité « ordinaire » : les associer à plus ou moins de matériau Lubrizo les transfère dans des réalités abstraites et construites justement par cette association entre des matériaux  de différents ordres[4]. Ces nouvelles réalités sont propices au déploiement de l’imagination de ceux qui observent ou expérimentent les pièces formées et contenues dans ces enceintes lorsque celles-ci sont interactives. Leur association à des narrations, souvenirs ou sensations « nouvelles », dilatoires et énigmatiques est ainsi favorisée en tant que ces pièces existent dans un référentiel construit et donc inconnu, nouveau, dont la perspective de l’exploration excite et enthousiasme.

Les productions de ce type existent ainsi parallèlement avec ou sans un contexte narratif ou fonctionnel plus ou moins fantaisiste qui est soit pré-construit-pré-inventé et fourni conjointement à l’expérience de la pièce, soit à se forger soi-même. Il accompagne l’œuvre mais ne lui est pas indispensable, on peut en avoir une expérience purement esthétique ou librement interprétative. Cette idée de fournir le contexte sous cette forme d’une sorte de frange-narrative, de “story-on-the-side”, a l’avantage de permettre un degré choisi de sérieux - et donc, par symétrie, de plaisanterie, de mystification ou carrément d’imposture -, ainsi qu’un niveau d’intensité de fantaisie et d’abstraction. Il s’agit ainsi toujours plus ou moins d’une blague dont le niveau facétieux reste ambigu et laissé au choix. La construction de ce contexte loufoque autour des objets participe à la propriété des pièces d’intégrer un fonctionnement en système, à l’image du DNC INCUBATOR prototype#1. Ce premier modèle déficient et perfectible d’une machine sensée “faire danser les gens n’importe comment” sur un mode très coercitif mettant en application les recherches les plus pointues en sciences cognitives, psychologie et neurologie va presque jusqu’à acquérir une identité et vitalité propre précisément grâce à cette narration adjointe.

Le Lubrizo comme matériau peut s’adapter à des entreprises plus précises voire associées à des directives explicitées. Lors de ma collaboration avec le poète Jean Guiony, je les ai utilisés presque comme personnages acteur de ses poèmes. Le recueil en 4 parties, dont une en particulier, intitulée « Banalités » à l’instar du titre du recueil, s’est vu associé à une myriade de Lubrizos évoluant dans des univers en deux dimensions aux ambiances diverses et différenciées. Ce “doublage pictural” a utilisé le matériau presque “à l’état pur”, alors que d’autres parties ont vu leur doublage pictural seulement « ponctué » par l’utilisation du Lubrizo. De même pour la déclamation du poème, le Lubrizo sculpté s’est avéré un réceptacle fécond à la poésie dite, d’autant que son association avec le matériau avait déjà été posée picturalement. L’idée du Lubrizo utilisé comme matière première rejoignait l’entreprise de Jean Guiony d’utiliser le langage banal comme matériau de sa poésie, dans ses sonorités, sa flexibilité et les associations permises, le mariage des deux fonctionnait de manière très évidente.

C’est parce que le Lubrizo pris comme matériau n’est plus que corps, qu’enveloppe, qu’il peut servir de coquille à d’autres formes de vies et être déformé et pris à des niveaux de transformation variables, de son utilisation “à l’état” pur - et donc semblable à des formes abstraites mais toujours reconnaissables - à celle d’un Lubrizo au figuré totalement dessiné/matérialisé. Il est déguisement, encore une fois moyen de donner du corps plus que corps propre d’un individu, et ce à des idées ou à des machines qui tentent d’agir sur le monde à la manière d’êtres vivants et qui pour ce faire utilisent ce corps à disposition, pratique car malléable et adaptable. C’est cette partie physique qui leur donne leur prise au monde et leur permet soit d’interagir avec lui, soit de le transcender par les excroissances abstraites rendues actives qu’elles constituent.



[1] On caractérise ici un univers par son ambiance/atmosphère, alors que les caractéristiques physiques d’un lieu ou d’une enceinte sont évoquées en termes d’espace.

[2] Entendons par espace quelque chose de l’ordre de l’espace vectoriel algébrique où on aurait un nombre donné ou variable de vecteurs donnant chacun une dimension, ainsi que des types d’actions possibles définies pour l’espace considéré, et des types d’objets propres à cet espace (donc compatibles par exemple avec le nombre de dimensions données par ses vecteurs et les actions possibles en son sein).

[3] Voir DNC, Annexe ?

[4] Autant intellectuel/scientifique tel que la sphère des sciences cognitives que purement formel tel que l’enceinte d’une pièce utilisée comme enceinte pour des interactions entre Lubrizos ou encore de l’ordre de la machine ayant une action efficace ou pas mais en tout cas déployée au sein d’un monde non habitué à des produits de cet espace construit.

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DNC INCUBATOR - Prototype#1

2011

Plaster, Chicken wire, very cool caulking substance, paint, video projector, DNC performer, speakers, cognitive sciences theories about brain stimulation and coaching methods, some soundings.

DNC or « Danse N’importe Comment » (« Dance no matter how ») is a concept of lightning propagation in the French late-night circles, notably the Parisian one. It takes the form of dance, and is characterized by the giving up of any either natural or traditional corporal control, to reach either a totally new kind of control – if not a transcendent one  –, or a total absence of control.

There are many different types of DNC, among which it is worth naming the “wild”, “lascivious”, “gamboling”, “prancing”, “unconscious”, and “On Ice” DNCs, particularly emblematic and conducive to visualization. Nevertheless, one must keep in mind the extendable character of this list, arising from the idea that any category of DNC that is imagined can come into existence when it is embodied.

[Otherwise DNC is often combined, in its representations as much as in its concrete performance, with the spontaneous and vivacious practice of expressive and colorful wall-painting, used to encourage the vigor of DNC and providing it both the décor and the stage for its expression.]

DNC is an absolutely lawful activity whose initial’s narcotic connotations are only to emphasize its indoctrinating character.

 

The DNC INCUBATOR will provide DNC the medium for its totalitarian and authoritarian global establishment. This first presented model shows some dysfunctions altering the performances of the brain stimulation and coaching it is supposed to provide. It seems that the system has turned into a more self conscious state than what it was expected to. Further versions should receive an accentuated control while new components and blocks will be added to this structural basis.

 

By 12.31.2013, the DNC INCUBATOR should be able to enter the coercive tools market to serve DNC’s expansion ambitions.

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2010 - Lubrizo 1&2

Transfert de Lubrizos sur fond de cyber-voice - Kontact Me by Boys Noize

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2013 - Mosaic in progress.

2013 - Mosaic in progress.

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2013 - Maquette d’une mosaïque d’environ 40m² destinée à l’ornement de terrasse balnéaire, échelle 1/10e.

- Le Lubrizo pris comme matériau

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Octopi Occupy The Lounge, 2013, Columbus Theater, Providence RI - mur peint, acrylique - 720 x 275 cm


for The Low Anthem - marvellous providence musicians - http://www.lowanthem.com/site/
and the Columbus Theater’s recording studio louge - http://www.columbustheatre.com/

Ce mur peint fait écho au Lubrizo projeté sur les murs de la Chambre aux Lubrizos, sauf que cette fois-ci  la matériau est maîtrisé et la structuration accomplie. C’est un Lubrizo plus agité, un matériau plus déformé qui est pris ici pour créer une autre forme de composition bestiale de type cabinet de curiosité. Finalement, le Lubrizo est moins bridé dans son caractère mouvementé et onduleux : on peut choisir le degré de maîtrise et celui de déformation de la matière utilisée.

Plaquée sur les murs de la “smoking-lounge room” du Columbus Theater, écrin local à la musique indépendante et live de la ville de Providence (RI, USA), géré par le groupe The Low Anthem  et régulièrement investi par une bande d’allègres punks-créatifs, fellows du groupe, la fresque lubri-bestiale s’érige en décor du “chill hard” caractéristique du lieu. La pièce, également destinée à accueillir certains groupes pour une nuit post-show, se constitue en nouvelle tentative de chambre oppressante dont les résultats pourront être mesurés après récolte et traitement statistique des données.

- Le Lubrizo pris comme matériau

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Lubri-Kernels

2012

Lubri-kernels are produced in accordance with the “block division/partition” method defined in Journal 2011-2012,Vol. I, considering the following notes:

  • Each Kernel interior embodies the actual modifications of an imaginable kernel[1], resulting from the effect of an above corresponding map of the brain functional connectivity for a special and selected state.
  • The 5 exploited states in this project are depression, dreaming activity, schizophrenia, sleep deprivation and “neutral mode” also called “default mode network”[2].
  • The external envelop of the Lubri-Kernels can be seen as an incubator, in the same way a cocoon is an incubator for a caterpillar. [3], activating and directing their incubating action on kernels.
  • Certain brain connectivity patterns, mapped on the side for visual and understanding help, exercise an external active influence over the cocoons[3], activating and directing their incubating action on kernels.
  • From then, the kernels evolve, develop, expand separately in their own cocoon, each of them being then “grown” in the cocoon it is merged with, according to which brain connectivity pattern, mapped on the side, acted on it.
  • Therefore, the Lubri-Kernels are a collection of generated figurative shapes, since they result from taking apart individual possible kernels, isolating them into cocoons that make them evolve over the influence of a specific map among the ones listed above, so that they finally merge with the cocoon to form one actual Lubri-Kernel.

By ‘kernel’, I designate something that can be understood through the reading of what Anaïs Nin describes in this passage of her Diary:

            “I still feel in you an immense yieldingness, I feel there is no limit to you, to what you might be or do. An absence of boundary, a yielding that is limitless in experience. […] What interests me is not the core but the potentialities of this core to multiply and expand infinitely. The diffusion of the core, its suppleness and elasticity, rebound, ramifications. Spanning, encompassing, space-devouring, star-trodden journeys, everything around and between the core.”[4]

However, ‘kernel’ needs to stay at the state of a vague idea, a vaporous concept concerning a vaporous, interrelated reality. Thus, I invite you to check the glossary for cool add-on units to this non definition attempt, in order to be exposed to a confusing and tortuous extended concept.

Kernels that are not Lubri-Kernels, but just random ones, or “classic Kernels” are not figurative. They are white with a pretty smooth surface. They are cute but lack of obscurity. They are also only two of them, so they are lonely. (But Lubri-Kernels are not because they are four of them and they are hung from a very cool and entertaining tree).

Lubri-Kernels are “not anymore classic Kernels”; since they are influenced, disturbed and affected by certain brain states, or rather simply by states but that can be represented by a certain pattern of connectivity between brain region in humans when affected by such states (the “dream”, “schizophrenia”, “sleep deprivation”, “depression” and “default mode network” ones evoked before).

The cocoons behave as incubators in the same way as chrysalises do. They are isolating spaces receiving the influence of one of these different listed states. They then let develop, corrupt and transform in their insides, or more precisely on their insides, a kernel under influence. The initial kernel is never accessible through the experience of the final sculptures. However, they can be seen as the final result of the incubating process on a “classic kernel” that can be imagined.

Their black color results from the fact that the cocoons receive an influence, that they absorb something influencing the way their incubating function behaves, as objects that absorb many different wavelengths come out black while those which reflect most of them appear white. The absorption feature results of the brain connectivity patterns as well as of the tree itself, so that the cocoons are not only chrysalises but also actual fruits still ripening as they hang on the tree, the “default mode network” being then just a non yet maturated one, fallen before its full development. Thus, the tree participates in the global incubating function providing the cocoon the energy they need to perform their own incubating function.

By the way, “Recent advances in brain imaging and image analysis have made it possible to study connectivity between brain regions in humans, in vivo.

Functional connectivity between brain regions has been defined as the temporal correlation between spatially remote neurophysiological events. Current research indicates that the production of emotions may be dependent on a distributed neuronal network consisting of cortical and limbic regions rather than on the activity of a discrete brain region.

Brain imaging paradigms which have sought to explore functional connectivity have done so by correlating activation of brain regions working on the assumption that if the activation of two brain regions in response to a task is correlated, then they are likely to be functionally connected. A number of investigators have reported promising results using this method.”[5]

The brain connectivity patterns maps used in order to generate the cocoons incubator activity are among these promising results using this method.  However, this fetched explanation is unnecessary if not useless. But uselessness is chill and cool and so are made up subjective narratives.

Concerning the cocoon-helmet-like form, it is thought upstream, since the random previous Kernels, so that they are also sort of prototypes for these ones. It is an enclosing structure in a relatively overwhelming way, separating the one who experiments it from the rest of his environment and placing him in a coercive experiencing space. It works as a helmet but which size is such that the eyes are simultaneously very close to the universe created on the inside, close enough for the sight to be deprived of any possibility of stepping back from what is seen and as blurry and incomplete, but also larger than in an actual helmet for at least enabling the vision. The experience results in the impression of being placed in a reduced but complete and built universe (being or not the one of the kernel depending on whether you read this thing)




[1] Note: Kernels with a capital K is used as a name for the actual sculpture including  “cocoons+interiors”, while kernel as a noun is defined, or not really, but kind of, later on

[2] See glossary

[3] cocoon designates the “envelop” parts of the elements of Kernels.

[4] The Diary of Anais Nin, Vol. I: 1931-1934

[5] “Activity and connectivity of brain mood regulating circuit in depression: a functional magnetic resonance study.”, Amit Anand, Yu Li, Yang Wang, Jingwei Wu, Sujuan Gao, Biological Psychiatry (2005)

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Chambre aux Lubrizos, 2011 - pièce peinte à la peinture acrylique et bombe aérosol

La chambre peinte, remplie de Lubrizos accumulés-imbriqués, donne un aperçu des formes que peuvent prendre ces figures automatiques ainsi que de leur caractère obsédant. Prisonnière de ces figures, cette atmosphère créée dans ou plutôt sur l’enceinte de mon sommeil, lui fournissant, plus qu’un décor, un environnement délibérément oppressant voire écrasant, s’apparente à une tentative de prise de contrôle sur le motif invasif.

Cette pièce incarne l’obsession du Lubrizo et la performance d’y dormir quotidiennement devait être un effort pour “comprendre” puis maîtriser ce produit en partie issu de mon subconscient.  C’est plaquer les Lubrizos sur les murs et apprendre à vivre avec pour les dompter, les assujettir et les réduire à l’état de - ou les conforter comme - matériau. 

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